
HILDEGARDE DE BINGEN
La prophétesse rhénane
Naissance : 16 septembre 1098 à Bermersheim
Décès : 17 septembre 1179.
Béatifiée par Innocent IV en 1244 – jamais canonisée
Destinée par sa famille dès son plus jeune âge à la religion, elle eut dès sa prime enfance des visions qu’elle décrivit plus tard dans son manuscrit « Scivias ».
Hildegarde eut une très grande activité littéraire, musicale (Chants de l’extase – Ordo Viirvutum... elle composa 77 symphonies !), linguistique (alphabet Lingua Ignota).
Véritable psychologue en son temps, elle eu l’intuition par ses visions que le corps physique et le corps psychique sont intimement liés.
Pour Hildegarde, toute pensée négative a une mauvaise influence sur la santé de l’âme et forcément celle du corps. Elle donnait beaucoup de remèdes contre la tristesse et la mélancolie, véritables fléaux pour l’essence de l’être humain.
Hildegarde connaissait les herbes et soignait les gens qui venaient à elle avec des recettes simples et de bon sens. Pour elle, la qualité de l’alimentation était primordiale.
Déjà elle préconisait un régime à base d’épeautre…Les connaisseurs anti-gluten apprécieront !
Sa connaissance de cette céréale était étonnante pour l’époque. De nos jours ses dires sont vérifiées scientifiquement (propriétés antiallergiques, riche en proteines, reminéralisant puissant, anti-inflammatoires…)
Déjà elle conseillait de se nourrir de légumes, fruits et poissons.
Hildegarde avait la connaissance des pierres et de leurs vibrations, ce qu’on appelle de nos jours la lithothérapie. Elle fabriquait elle-même des poudres de pierres (onyx, améthyste, calcédoine…).
Elle connaissait plusieurs méthodes de soins et pouvait les adapter à la personne qui venait la voir (plantes, pierres, alimentation, bains, prières, chants…).
Pour elle remèdes « chaud » ou remèdes « froid » devait être adaptés au type de l’ « humeur » dont souffrait le malade, perception juste déjà de la notion de terrain et de maladies froides ou chaudes (arthrose = froid, arthrite = chaud, tendinite = chaud, etc…).
Hildegarde était avant tout une grande mystique, portée par une foi inébranlable.
Elle savait que la foi peut tout réaliser et tout dépasser.
A chacun sa foi en son cœur, jardin secret puissant et guérisseur.
Quand je vais cueillir des herbes sauvages, lorsque je doute parfois de mes pas pour trouver les bonnes herbes ou qu’une hésitation arrête ma main de cueilleuse, je pense à Hildegarde.
Elle avait la connaissance des plantes et sa main guide alors ma propre main de cueilleuse. Question de simple foi…
Merci à Hildegarde pour l’énorme travail qu’elle a accompli durant toute sa vie.
Une sacrée femme de foi, de cœur et d’esprit. Fascinante.
Agnès Moriconi
Bibliographie : Laurence Moulinier, Le manuscrit perdu à Strasbourg – Publications de la Sorbonne-Presses Universitaires de Vincennes.
Rooted in the earth, rooted in the shy : Hildegarde of Bingen and Premodern Medicine (ISBN 0-41597-634-0)
Oeuvres traduites :
« Louanges » – L.Moulinier (La Différence)
« Le livre des œuvres divines » - B. Gorceix Albin Michel
« Scivias : Sache les voies ou livre des visions » Traduit par Pierre Monat Le Cerf (ISBN 2-20404-864-X)
«Les pierres qui guérissent selon Hildegarde de Bingen : manuel de lapidothérapie » traduit par Claude Dhorvais (ISBN 2-85707-989-3)
« Femmes troubatours de Dieu », traduit par Epiney et Zum Brunn (ISBN 2-50350-011-0)
Discographie : (exemples)
“Hildegard von Bingen” : Canticles of Ecstasy – CD audio Deutsche Harmonia Mundi
– The Music of Hildegard von Bingen” - arrangement style Nouvel Age par Richard Souther édité par Angel Records
“11000 virgins, Chants for the Feast of St Ursula” – Ensemble Anonymous 4 édité par Deutsche Harmonia Mundi